Une série de tests effectués en
Grande-Bretagne révèle la discrimination dans les entreprises
Les candidats avec un nom à
consonance étrangère ont moins de chances de trouver un emploi...
Une campagne de testing menée par
le gouvernement britannique révèle l'existence d'une discrimination couramment
pratiquée envers les travailleurs qui possèdent un nom africain ou asiatique.
Près de 3000 candidatures ont été envoyées dans toute la Grande-Bretagne entre
novembre 2008 et mai 2009 afin de savoir si la discrimination était pratiquée
envers les chercheurs d'emploi qui avaient un nom étranger.
En utilisant des noms facilement distinguables du type Nazia Mahmood, Mariam Namagembe ou Alison Taylor, mais qui possédaient les mêmes qualifications et les mêmes expériences, la campagne a montré qu'un candidat blanc envoyait en moyenne neuf candidatures avant de recevoir un coup de fil encourageant ou d'être convoqué à un entretien tandis qu'un candidat avec un nom étranger avait besoin d'envoyer 16 candidatures avant de recevoir une réponse similaire.
Les chercheurs du Centre National
pour la Recherche Sociale, mandatés par le département du travail et des
retraites (DWP) ont répondu à 987 offres d'emplois (envoyant trois candidatures
différentes, chacune ayant un nom à consonance différente, anglais, africain et
asiatique).
Les candidatures étaient envoyées
aussi bien dans le secteur public que le secteur privé, dans des villes aussi
diverses que Londres, Bristol, Birmingham, Glasgow, Leeds, Manchester...
Selon l'étude, les
discriminations sont moins courantes dans le secteur public que dans le privé,
ce qui s'expliquerait par le fait que dans le secteur public un formulaire
standard qui masque l'ethnicité est employé. Les grandes entreprises discrimineraient
également moins que les petites. Les noms des entreprises coupables de
discrimination n'ont pas été révélés, mais elles devraient bientôt être
contactées pour être mises au courant que des pratiques discriminatoires ont
été détectées chez elles.
Iqbal Wahhab, président du Ethnic
Minority Advisory Group (groupe de conseil sur les minorités ethniques) qui
propose des changements de pratique aux autorités dans la façon d'aborder les
sujets touchant au racisme et la discrimination à l'embauche s'est déclaré
satisfait des preuves apportées par le rapport de la DWP.
Toutefois, selon lui, les
entreprises ne devraient pas être désignées de façon honteuse, mais plutôt être
poussées à changer : "Je ne pense pas qu'on devrait les pointer du doigt
ou même les citer, mais leur faire comprendre que leurs pratiques actuelles
signifient qu'elles ne sont pas en mesure de répondre aux exigences de grands
clients comme certains organismes publics."
James Nkwacha (28 ans), diplômé
en physiques et Navdeep Sethia (24 ans), diplômé en architecture, ont illustré
pour le Guardian la façon dont se passait leur recherche d'emploi. Nkwacha,
dont les parents sont originaires du Nigeria, a envoyé 60 candidatures pour
deux entretiens, tandis que Navdeep Sethia a envoyé 400 candidatures, a eu un
retour de la part de 40 employeurs, et 20 entretiens.
A la Chambre de Commerce
britannique, on a plutôt tendance à nier les conclusions de l'étude. Abigail
Morris, conseillère à l'emploi à la chambre de commerce déclare ainsi : "Les
entreprises font face à la pire récession depuis une génération. Est ce
vraiment le moment de gaspiller les ressources du gouvernement et le temps
d'entreprises qui sont sous pression en leur envoyant de faux CV ?"
Des propos qui montrent que le
travail d'éducation vis à vis de la discrimination à l'embauche reste à faire
dans une partie du monde des affaires britanniques.
Source : www.grioo.com





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